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Bientôt sur vos zécrans, devant vos yeux zébahis:

  • les étals de bouffe à Carrefour...
  • des fouilles dans le Yunnan!!! (reporté à juillet-aôut en ce qui me concerne...)
  • un reportage sur la Cité des Ventilateurs (où l'on comprendra ce surnom donné à Beijing par Amélie Nothomb)

 Ne râlez pas si tout n'arrive pas tout de suite!! N'oubliez pas que je suis pas là pour faire du tourisme!!

 

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Dimanche 19 février 2006

 

Cet article est dédié à M. Damien GERMAIN (see Fig. 1), qui a été le seul à avoir le courage et l’honnêteté de réclamer cet article. C’est donc du fond du… cœur que je te remercie et te donne ici les détails d’une nouvelle aventure.

 

Fig. 1. C'est Damien! (J'ai fait la même tête en contemplant la chose; read further)

 

 

 

 

 

 

Petit détail, hier on m’a prêté l’Intégrule des NULS. OK, c’est très pipi-caca, mais ça convient tout à fait à la situation. Hélène, finis ton petit déjeuner et reviens après (je te préviens cette fois-ci!). 

 

Après ma logorrhée Amélie-Notombesque, aujourd’hui, je vais m’essayer au style de Stephen King. (Au fur et à mesure de l’écriture, je me rends compte que je vire très vite aux ‘Aventures de Spiff, l’intrépide spationaute, échoué sur la planète des infâââmes Zorgs’; Merci Bill Watterson!!).  

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette scène infâme se passait donc il y a une semaine de cela, environ. (Donc ça doit bien se finir, car je suis toujours vivant; je sais, c’est con de commencer par la Happy End , mais bon…)

 

Après une dure journée de labeur à tenter de décrypter la bibliographie chinoise, afin de préparer un dossier de demande de bourse chinoise (en chinois, évidemment), c'est harassé par ces efforts cérébraux (même Champollion aurait jeté l’éponge sur la pierre de rosette de Lyon –spéciale dédikass’ à Sem’) et affublé d’un début de migraine qui allait me durer une partie de la nuit, que je retourne dans la résidence.

Obscurité. Noirceur…

Je finis par trouver le trou de la serrure, malgré la pénombre étouffante du couloir, pour rentrer dans ma modeste chambre… Je dépose mes affaires, sourd aux conciliabules des cafards qui se rient de moi et n’attendent qu’une faiblesse de ma part pour me faire un sort. Je me dirige, à pas prudents mais pressés car le danger guette, vers la salle d’eau. Les 'chanceux' qui auront vu RING ou DARK WATER pourront mieux se représenter la scène.

La lumière vacillante des néons ainsi que leur bourdonnement sourd s’amplifie dans ma tête déjà trop pleine de placodermes chinois… (Non, Ronan, ceux-là n’ont pas de plumes)  

 

J’avance… Je me dirige vers une cabine, une grosse boule dans la gorge. Mon cerveau est assailli de questions existentielles: Ai-je pris du papier avec moi? Et si les cabines étaient toutes occupées, aurai-je le courage d’aller me soulager dans la douche? Et si un alien m’attendait derrière la porte des toilettes? Je me remémore soudain cette citation brillante de Ridley Scott: ‘Dans l’espace, personne ne vous entend crier’… Est-ce pareil en Chine ? 

 

Je continue d’avancer, n’écoutant que ma témérité et les battements affolés de mon cœur…

C’est alors qu’un chat noir saute par la fenêtre ouverte de la salle de bain, et, s’enfuyant, passe sous une échelle – devant le numéro 13 de la rue - qui se renverse et le broie, misérable animal devenu pitoyable aliment pour les effroyables bêtes entourant le dortoir… C’est bien sûr la pleine lune… Des gargouillements indistincts mais ô combien présents semblent m’entourer… Plus le temps de réfléchir, pas question de faire marche arrière (je maîtrise mal le Moon Walk), je rentre dans la cabine, m’agrippe au verrou poisseux et me claquemure. Enfin à l’abri?  

 

Je prends un temps pour retrouver mon souffle, les yeux clos. Tant de choses se sont passées si vite. Et sur seulement 5 mètres! Je fais le point. Aucune bave allogène ne coule sur mon épaule, mais j’entends un souffle rauque derrière moi. Je me retourne…

 

Un T. rex! Je suis retourné au Crétacé! Vite! Trouver une solution! Qu’aurait fait le professeur Allain, le paléontologue de Marocco Park, alias la Reine d'Angleterre? Pourquoi n’ai-je jamais écouté ses conseils pleins de bon sens sur la conduite à tenir quand on se retrouve face à face avec un monstrueux théropode du genre Columba?! Il est trop tard pour regretter, il faut réagir!

 

 

 

 

 

C’est alors que je me rend compte que mes yeux son toujours fermés. Je les ouvre, et, ce faisant, le monstrueux estropié des avant-bras disparaît. 

 

Je ris nerveusement. Mon imagination galopante tel un squarffl zorkien (un truc qui ressemble à un cheval, mais sur un satellite de Mercure) me joue des tours! Ce que j’avais pris pour un souffle rauque ne sont que les bruits des griffes des rats dans les canalisations. Je me sens soulagé. Je soupire longuement. Profondément. Rictus... 

 

Mais l’aventure n’est pas finie. Je prends mon courage à deux mains (non, les filles, ‘Courage’, ce n’est pas le petit nom donné à ma chose), et m’apprête à uriner (j’étais quand même venu pour ça!). C’est alors qu’en baissant les yeux pour éviter d’en mettre partout avec mon généreux tuyau d’arrosage (tiens, ça rime avec courage!), je LE vois.

 

La malédiction a encore frappé. L’étron flotteur est de retour… CA est de retour, et CA est là, devant mes yeux exorbités par l’horreur. Je repense à toutes ces légendes médiévales, aux monstres que le Sieur Jean-Claude Tergal avait eu à affronter. C’est mon tour… Adrien m’en avait parlé, mais je ne l’avais pas cru. Comment affronter un adversaire dont on ne sait rien? Long d’environ 20 cm, au corps de lamproie (pas de nageoire ni de mâchoire apparentes, mais je me suis pas approché non plus pour vérifier!), CA surnage dans le peu d’eau de la cuvette. Je me rappelle la fois où Philippe m’a montré une myxine naturalisée… C’est à peu près la même esthétique, sans les tentacules.

 

 

 

 

Je décide d’opter pour l’attaque chimique. Pas de napalm sous la main (la peste soit de mon incroyable distraction!)… Il faut faire avec les moyens du bord… Je tente un jet d’ammoniac organique. C’est ce que font les astronautes pour purifier les aliens, dans l’espace… En même temps, ça me soulage. Ca à l’air de fonctionner. CA ne bouge plus.  

CA est immobile.  

Inerte.  

Je le regarde dans le blanc des yeux (que je ne trouve pas).  

Précautionneusement, je m’approche de la salvatrice chasse d’eau. Mon but: le renvoyer aux abysses pékinoises. 

 

Malédiction! La chasse d’eau ne fonctionne pas! J’appuie plus sauvagement, transpirant dans mon magnifique T-shirt Celio* rouge. J’ai une pensée pour la jeune fille qui me l’a offert, ce T-shirt, et que j’ai laissée à Paris… C’est peut-être la fin. Adieu, Chloé!  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes dernières pensées sont pour toi...

 

 Non! Hourra!!! L’eau se met à couler, essayant d’emporter au loin l’objet maléfique! JE SUIS SAUVE!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

  

Hélas non, car l’incroyable se produisit:

L’étron était encore vivant. Profitant du surplus d’eau que je lui ai moi-même prodigué, il tente de remonter le courant… Véridique. Il faut l’avoir vu au moins une fois pour le croire… Et pas de caméscope pour filmer et vendre à National Geographic!! Tant pis pour la gloire.

 

 

 

 

 La bataille n'est pas finie!!!

 

 

Mais déjà mon esprit scientifique reprend le dessus, et je suis taraudé par les questions les plus primordiales concernant cet organisme primitif. Quel est donc le but de cette chose?  

  • Retourner frayer à l’endroit où elle est née? En ce cas, elle fait fausse route… Et je ne lui montrerai pas le chemin.  
  • Retrouver des congénères pour faire une Rav?  
  • Ou alors est-ce seulement un spasme pré-mortem??

     

     Je décide de la laisser dans sa mare. A reculons, pour ne pas quitter cet organisme extra-organique des yeux, je ressors de la capsule hygiénique. Je referme la porte, et me précipite dans la chambre. J’essaie de ne pas porter attention aux quolibets des arthropodes qui dansent une ronde satanique autour de mon lit… 

    Epuisé, je finis par m’endormir.

     

     

     

 

 

Voilà! j’ai fini!!!

J'en pofite pour vous signaler que l'Expo T. rex (see above) est encore visible au Palais de la Découverte jusqu'au 23 avril. N'attendez pas! Des médiateurs absolument fabuleux vous expliqueront les pourquoi et les comment.

 

 

 

 

 Addendum:

Cette nuit, encore une fois pour satisfaire des besoins naturels, j'ai pu identifier l'ennemi à la cosmétique intestine... Alors qu'il faisait son larcin, la porte grand ouverte (peut-être pour regarder les passants à cette heure tardive), j'ai pu voir de qui il s'agissait. Pas de doute possible: un gros Sangoku accroupi, yeux mis-clos et clope au bec.

 

 

 

 

 

 

par Vincent DUPRET publié dans : Vécu
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