Bienvenue sur mon blog. Un site sans prétentions qui vous propose quelques modestes tranches de vie(s) pendant un postdoc de deux ans en Chine. La Chine, un pays aux paysages humains et naturels parfois saisissants, toujours surprenants, et surtout propres à pleins d'anecdotes...
N.B. A savoir, pour écouter les volutes musicales parsemant ce blog, il faudra vous mettre sur Internet Explorer ('paraît que ça marche pô avec Mozilla) et avoir flash...
'faut pas être bègue! Comme promis, un petit aperçu de mes vacances des fouilles effectuées au Yunnan fin juillet - début aout (oui, je sais, on est presque en octobre mais c'est que je bosse moi, madame!!)... L'occasion au retour de se rendre compte que l'appareil photo est en train de rendre l'âme (note pour plus tard: investir dans un pixellisateur de paysage ou autre avaleur d'âme). Qu'on se le dise: c'était une mission, pas du tourisme (même s'il est dans cette catégorie). Pour de plus jolies photos et plus variées, je vous renvoie sur cet article de Pumaboy.
Après avoir failli ne pas partir ("il paraît que tu as peur des moustiques", "tu sais, ça craint pour les étrangers à certains endroits", etc.), il est décidé de partir une semaine après les étudiants du labo.
Le chef et moi partons donc au Yunnan, youpi! Prenons l'avion de Pékin à Yibin (50 km au sud de Zigong, Sichuan, et 150 km au nord de Zhaotong): c'est moins cher que de passer par Kunming, et plus pratique pour nous. De Yibin, prenons le train de nuit pour Zhaotong. Premier problème, la madame au guichet qui vend les billets au chef lui dit "Y'a plus de places assises!" Bon, ben on ira dans le wagon restaurant. O joie, ô surprise, une voiture pratiquement vide s'ouvre à nous, il est 22:00; on en a pour 6 heures de trajet, assez dur de dormir avec un camp de jeunes partant en vacances (et te grignotant des graines de tournesol; je vous laisse deviner l'état du wagon au bout de deux heures). Arrivons à Zhaotong à 4:00 du matin, taxi jusque l'hotel, dodooo... Autant il faisait chaud et humide à Yibin, autant à Zhaotong, il fait frisquet... eh oui, on est plus haut!
Vous le voyez sur la carte, Zhaotong est quand même proche du Sichuan (cette dernière province, rappelons-le, signifiant "4 rivières"), et la cuisine fortement ressemblante. Du coup, la région de Zhaotong a un surnom rigolo: 三川半, Sanchuanban, autrement dit, "trois-rivières-et-demi"!
Nous ne resterons que deux jours à Zhaotong, nos valeureux fouilleurs y étant depuis déjà une semaine...
Conseil pour éleveur de paléontologues: donnez leur un marteau, un tas de cailloux, et ils seront sages et sauront s'occuper toutes la journée! (au passage, ici, on fouillait à flanc de montagne)
Chose intéressante, le fossile en Chine, c'est comme le mifan (le riz) au resto: c'est sûr que y'en a! Le plus dur, c'est comme pour le magazinage: faut choisir. Eh ben, comme pour le magazinage au moment des soldes, on prend le tout, même si c'est pas terrible, on le mettra au moins une fois pour une occasion débile et puis en fait non (pour vous donner une idée, on a du ramener dans les 150 kilos de caillasse)! Attention nénamoins, ne vous méprenez pas sur cette comparaison, TOUT ce qu'on ramasse a son importance, mineure ou majeure...
Et entre les montagnes, de petits villages qui poussent au milieu des champs de maïs....
N'empêche, pensez-vous, aller dans un pays comme ça pour bosser, c'est le pied! Eh oui, surtout qu'on a eu du très beau temps. Vous verrez néanmoins beaucoup de nuages sur les photos, ou un ciel couvert. C'est normal. Au passage, Yunnan, ça veut dire "au sud des nuages", ou "au delà des nuages".
Des montagnes, des vallées, des nuages...
Les activités nocturnes du paléontologue après le dîner? La ballade en ville, les parties de cartes avec des règles chinoises (mélange atroce de belotte, tarot, dame de pique, pouilleux, poker, motus et des chiffres et des lettres -sans dec'- et j'en passe). Pour les promenades en ville, ben y'a pas grand chose à voir... sauf sur la place publique de la ville: là, y'a des cours de Kung-Fu pour débutants et confirmés...
Eh bah oui, la souplesse ça se travaille autant que le Kungfu se mérite!! (et oui, en Chine, les mômes, c'est du plastique!)
Et ci dessous, une petite vidéo dont je suis pas peu fier (hé hé! promis-juré-craché, j'ai pas touché à la vitesse de l'original). Je vous conseille d'attendre que le chargement soit bien avancé pour lancer le film (environ 6,2 Mo), sinon, c'est frustrant et à quoi ça sert que Ducroc y se décarcasse... Et oui, vous pouvez laisser des commentaires, ça fera plaisir...
petits mais costauds
Puis suit une journée de huit heures de bus entre Zhaotong et Qujing, via le Guizhou. Huit heures à flancs de montagne, au bord des précipices, et le long d'une magnifique autoroute en construction...
Cette terre rouge est le materiau de base pour l'élaboration des briques de construction. Un rouge proche de celui de l'outback australien pour ceux qui ont eu la chance de connaître...
Arrivés à Qujing, on arrive à l'hôtel "Etoile Rouge" (Hongxing, 红星), anciennement investi par l'armée. Pas cher mais un peu crade, mais bon... Après un super bon dîner (avec du riz pas gluant, je me serais cru au pays de l'Oncle Ben).
Le lendemain, direction le chantier de fouilles, un petit talus perdu au mileu des rizières... Nous sommes entourés par des essains de libellules, on se croirait dans Nausicaä de la Vallée du Vent (sauf que l'air est respirable)...
Ca, c'est la Chine telle que je l'imaginais avant de venir....
Bon, alors, les fouilles:
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, nous ausi on a cassé du caillou...
On casse du caillou toute la journée, on regarde le caillou, on le jette, on recasse, on re-regarde, on re-rejette, ah non, m***e, pas c'ui-là!, y'avait un 'Cékoidon' dessus... Et puis, entre deux coups de marteau, pour faire aventuriers de l'extrême, des fois, on jouait notre vie. On est comme ça, nous autres paléontologues... (mais bon, y'a des gens un peu moins courageux qui von en Belgique la semaine prochaine, je cite personne...) ;))
Ah bah ça... Y' a pas que des libellules dans le coin!! Nos amis paysans ont décapités quelques serpents (venimeux ou pas). No comment...
On a aussi fait de la prospection le long d'une voie de chemin de fer en construction (ça veut dire aussi qu'il faut traverser des ponts vachement longs au dessus de précipices vachements profonds -gloups... Non, j'ai pas le vertige, et les jambes qui tremblent, c'est pour faire style Elvis, z'y connaissez rien, allez avanceeeeuuuhhh!!.
Et non, y'aura pas de photos depuis le pont, na!
Le soir, à Qujing, y' a pas grand chose à faire, à part une ballade dans le parc. On m'avait dit : "Tu verras, c'est plus touristique que Zhaotong". Ah bah oui... sauf que je vais pas passer mes vacances à Castorama, moi! Des travaux partout en ville (ça vous rappelle rien, les pékinois d'adoption?), je vous laisse imaginer ce que vendent les petits magazins... Casto, je vous dit! Bon, OK, j'exagère, j'ai vu le personnel d'un cinéma faire une chorégraphie pathétique (je fais des moulinets, je me cache les yeux, je fais semblant de pleurer, etc.)...
Et puis le temps de rentrer à Pékin arrive... Bus jusque Kunming, passage dans un marché aux fleurs, achat d'orchidées (qui ont crevé depuis), et retour en avion, puis dodo maison... Tiens, ma maison, j'vous en est pas encore parlé??
La Forêt de Pierre (Shi Lin, 石林), en vitesse à travers les vitres du bus...
Le truc que j'ai pas aimé: on te dévisage, toi le laowai, mais on ne te parle pas. Même pas de 'Rhallo!' une fois que t'es passé... (j'aurai jamais cru que ça puisse manquer). Bref, échange avec la population quasi nul. J'ai préféré le Sichuan rien que pour ça... Mais bon... C'est quand même une chouette province, et si j'ai l'occasion d'y aller (pour des vacances), pourquoi ne pas lui redonner une chance. Après tout, le Yunnan est le coup de coeur de tous les occidentaux...
oui c'est la même photo que y'a plus d'un mois, je sais... Mais c'est une chouette image pour temoriser ma conclusion un peu... pas tip-top...
Non, ce n'est pas le nom du prochain droïd de Luke-je-suis-ton-père. C'est "tout simplement" le rendez-vous officiel des bloggeurs, lecteurs et puis en fait de n'importe qui voudrait passer un bon moment, faire des connaissances, s'amuser... Donc, la 4ème Beijing Blogger Party se déroulera à "LA BAIE DES ANGES", dans Houhai, ce samedi 23 septembre à partir de 21.00...
et si vous voulez plein de renseignements sur comment ça se passe en vrai*, cherchez BBP4, BBP3, BBP2, etc. sur les blogs de Camille, Matthieu, Jean-Séb, Cris et autres...
*, ouais, je sais, c'est du plagiat c't'article, mais comme je veux peux pas vous payer des droits d'auteurs, j'abrège!!!
Et non, c'est toujours pas l'article sur le Yunnan (désolé Matt'), mais là, la raison d'état l'emporte: plus que quelques jours pour une très belle exposition au "National Art Museum of China" (là où se tient aussi en ce moment 'Italian Art and Italian Life', mais bon, ça, c'est jusqu'au 8 octobre). Ce post est donc surtout écrit à l'attention des pékinois de passage ou d'adption...
Alors, cette expo que j'ai trouvée très jolie, là voilà: ce sont des peintures d'un certain Zhao Wenyuan (赵文元) qui représentent pour la plupart des scènces d'une vie, disons, campagnarde. Ce qui est intéressant, c'est de remarquer à quel point les visages se détachent du reste de la peinture, ils semblent plus travaillés, les détails sont plus fins. Le cadre, le décor et les costumes sont légèrement plus flou, faisant ainsi resortir les expressions faciales. Le tout dans des tons sépias ou pastel, c'est vraiment très beau (mais après, c'est le goût de chacun). A noter: il y a aussi quelques peintures "apologiques" de l'Armée (l'artiste est un ancien militaire). Bah, dîtes-vous que vous regardez une Tomb Raider chinoise, et ça passera. Sinon, l'ensemble des oeuvres exposées montre surtout la vie champêtre, avec de très beaux costumes traditionnels...
ATTENTION: l'expo n'est ouverte que jusqu'au 18 septembre à midi.... m***e, c'est dans une heure... Bon, ben... commen dire... grouillez-vous, lachez vos dossiers hyper importants, passez votre boulot au stagiaire de passage et plongez dans un taxi ou le métro...
L'adresse: Wu Si Street, juste à l'ouest du croisement avec Wangfujin Street (au Nord).
Nan, j'suis pas parano! Ce chat m'a bel et bien traité de laowai (après s'être copieusement râclé la gorge et craché par terre)... Mais où va le monde!! Toute une éducation à refaire... Moi qui était prêt à l'adopter (mais l'étape 'bain obligatoire' eut été périlleuse)...
Tiens, ça me fait penser qu'il faut que je fasse un post sur les 'trafics' de minous et autres toutous dans la rue...
Aujourd'hui, un petit cours de civilisation, dans lequel je vais vous parler d'une des plus belles inventions du gouvernement: le fapiao (发票, Fig. 1). Sous la forme d'un article scientifique (rapide , j'en ai des vrais à pondre, je vous rappelle), ce qui peut être considéré comme un addendum de ceci.
LE FAPIAO
RESUME-La découverte d'un nouveau type de jeu à gratter en Chine bouleverse la vie de Vincent, à un point tel que des comparaisons ont été effectuées sur les standarts disponibles en France. Suite à cette analyse morphologique, une étude des relations de parenté laissent planer un doute quant à ses affinités.
INTRODUCTION-Le fapiao (发票) est une facture de type 'papier' endémique de Chine. Son principe est double: 1. la facture habituelle telle qu'elle est connue en occident; 2. le jeu à gratter.
CONTEXTE-Il est délivré par un restaurateur (ou un autre commerçant) après avoir payé l'addition et réclamé le fapiao. Celui-ci ne se trouve que rarement seul, puisque la somme des numéros imprimés à sa surface doit correspondre au total payé (pc.tam, Fig. 1).
Fig.1. Fapiao chinois. c.p.d, ciseaux pour découper ; d.dq.tam, date de quand t'as mangé ; dc, des chiffres ; edc(pfs), encore des chiffres (pour faire style) ; me.p.n, mode d'emploi pour neuneus ; p.ts.m, plan du trésor secret de Mao ; pc.tam, pour combien t'as mangé ; si, sceau impérial ; ua.si, un autre sceau impérial ; z.ag, zone à gratter ; z.apg, zone à pas gratter. Echelle: 3/4.
ANATOMIE-Le fapiao est toujours sous forme de papier. On note une zone de fragilité dans sa partie droite (c.p.d, Fig. 1). Le fapiao est généralement recouvert de tatouages tribaux (si, ua.si, Fig.1), ainsi que des numéros de collections originaux (dc, edc[pfs], Fig. 1), ainsi que la date (d.dq.tam, Fig. 1). Des rayures peuvent apparaître sur la face dorsale (cb, Fig. 1). Mais la zone la plus surprenante réside dans la partie dorsolatérale droite: une zone à gratter (z.ag, Fig.1). Cette zone est à gratter latéralement avec l'extrémité des baquettes qui n'a pas trempé dans la nourriture. Une fois cette zone révélée, le lot gagné s'affiche. Il est à noter que le fapiao présente une faible variabilité morphologique, car dans 99% des cas, il est affiché "xiexie; thanks; 谢谢". D'où le cri de désespoir des francophones s'écriant alors: "Fait Xié!". Dans de rares cas néanmoins, une somme variant de 1 à 5000 yuans peut être mise à jour. Le consommateur averti ne commettra pas l'erreur grossière de gratter dans la partie gauche du fapiao (z.apg, Fig. 1).
DISCUSSION-Le fapiao chinois n'est pas sans rappeler le jeu à gratter très prisé en France (e.g., tacotac, morpion; Fig. 2A-B).
Fig. 2. A-B, jeux à gratter français (A, tacotac; B, morpion); C, exemple d'homonymie convergente propre à un mauvais jeu de mots. c, c illisible; ccc, c toujours pas clair;me.p.n, mode d'emploi pour neuneus; pc.tam, pour combien t'as mangé -ici: combien t'as coûté ton bandit manchot ;z.ag, zone à gratter ; z.apg, zone à pas gratter.
Des caractères homologues, permettant d'affirmer que fapiao chinois et jeux à gratter français ont une origine commune, sont immédiatement repérables (e.g., la zone à gratter, la zone à pas gratter, le combien ça t'as coûté). Néanmoins, des différences subsistent. Le fapiao chinois n'a qu'une seule zone à gratter, alors que le tacotac français peut en compter jusque quatre (Fig. 2A). Cette simplicité est certainement un caractère primitif, car peu de jeux possèdent un nombre plus important de zones de grattage. La caractéristique unique du fapiao dans notre échantillonage, c'est la date. Celle-ci fait donc appel à sa seconde utilité de facturette. Si vous avez perdu au grattage, il vous reste une chance au parlage. C'est la toute la poésie du fapiao. Quand vous sortez du métro (à Xizhimen, par exemple), vous pouvez revendre vos fapiao perdants à certaines personnes qui tenteront de les faire passer pour des notes de frais auprès de leur entreprise. ces individus sont faciles à repérer grâce à leur discours disyllabique (à se demander s'ils connaissent d'autres sons que fa et piao!). Encore une fois, de jeu à gratter, le fapiao se transforme en facturette. Vous avez perdu? Tel le phénix renaissant de ses cendres, il peut faire le bonheur d'un employé chinois.
CONCLUSION-Le fapiao, c'est génial: on va au resto, et en plus on peut jouer et espérer manger à l'oeil... Petit bémol néanmoins, le fapiao est plus ou moins victime de son succès, l'auteur s'étant fait dire par une fuwuyuan (serveuse) désolée qu'elle n'avait plus de fapiao...
dernière minute:petite animation flash (entièrement en chinois). Apparemment, c'est la version officielle du fapiao, faite par le gouvernement. Vous remarquerez les yeux embués de larmes de joie (ou d'excitation, ou encore de bonheur à l'idée de parler à son prochain sans lui aboyer dessus) , les grosses gouttes de sueur quand des petits malins qui font du trafic de fapiao se font prendre... (mais bon, c'est bien connu, les policiers sont débonnaires!!)
Photo prise à la campagne, en banlieue de Pékin, l'autre soir... même pas retouchée!! et dans la musique, vous avez même le bruit des vagues en plus. Kissoradoussavien?
L'autre jour, je me suis offert "Le Dernier Empereur" (Bertolucci, 1987), que je n'avais pas vu depuis... je devais être au lycée (je vous laisse faire le calcul, moi, ça me file des envies de prozac mal au crâne). Je ne me souvenais pas à quel point ce film est émouvant. On connait tous plus ou moins l'histoire, mais on espère toujours un miracle, une happy-end à l'américaine...
Pour ceux qui sont de passage à Pékin, une petite expo dans la Cité Interdite reprend la vie de Aixinjueluo Puyi. Et au milieu de ces artefacts, je m'arrête souvent sur cette photo de l'Empereur prenant lui-même une photo. Je ne sais pas pourquoi, mais je la trouve assez intimiste et même émouvante... Empereur, mais esclave d'un système et prisonnier dans sa cité quand même...
petite blagounette en passant (je peux pas m'en empêcher): il tient son appareil argentique comme nous nos numériques!!